Jan était le propriétaire du Toxic, un des innombrables cafés de Liège.
Son café était assez réputé pour sa décoration. En effet, les murs étaient peints en noir avec de fines rayures roses et les chaises étaient des poufs de diverses couleurs fluos. Quant aux tables, elles étaient transparentes et tenaient en un pied, dont la couleur était assortie aux poufs qui entouraient la table.
Dans le Toxic, on parlait de sujets tous plus futiles les uns que les autres, en général. Claire, Jeanne et Julien ne faisaient pas exception à la règle. Chaque vendredi après midi, ils parlaient des évènements les plus étranges qui se passaient dans leur banlieue. Ils buvaient souvent du Milk Shake Coco-Prune, la spécialité du Toxic. Mais cette fois, ils étaient plutot porté sur le Vodka Oasis qui faisait fureur. Leur nouveau voisin, Orson, leur menait la vie dure.
Sous ses airs de beau gosse, c'était une véritable pétasse. Il fallait qu'ils décompressent.
Lors de son acceuil, Orson avait réussi à critiquer la décoration de la chambre de Claire avec les mots les plus venimeux qui soient, et ce sans épargner le contenu de sa garde robe.
Puis, à l'école, il avait réussi à détroner Jeanne de son trone de reine des cours, toutes catégories confondues.
Enfin, il avait volé un des nombreux petits amis de Julien - il en avait retrouvé un autre le jour suivant, mais le mal était fait.
Orson entra dans le Toxic. Claire eut une idée :
"Tiens Julien, et si tu allais lui rendre une petite visite dans les toilettes ?
- Ben voyons, tu veux pas non plus que je l'invite chez moi ?
- Non, juste que tu lui roules un patin
- T'en as pris combien, de Vodka Oasis ?
- Seulement trois !
- Allons, ça suffit, dit Jeanne, nous savons tous que Julien est une mangeuse d'hommes et de femmes, mais il a de l'honneur...
- Tu sais Jeanne, si ce n'était pas une trainée pareille, je n'aurais pas attendu que Claire me le demande.
- Tu m'étonnes.
Ils se mirent à rire.
"Blague à part, reprit Claire, comment peut-on se venger ?
- Oh comme on ne sait rien de lui, on ne peut pas grand chose, dit Jeanne.
- Et si on l'invitait chez moi, demanda Julien ?
- Mais je croyais que...
- Ca n'a rien à voir avec ça, mais si on veut apprendre à le connaitre, faudrait peut-être faire semblant de sympathiser...
- Pas faux, dit Claire.
- Vous oubliez une chose, dit Jeanne, il sait qu'on le déteste.
- Bon très bien.
Julien se leva et se dirigea vers Orson. Claire et Jeanne se mirent à rire. Elles virent Julien embrasser Orson et revenir.
"Il embrasse mal, ce con.
- Tu ne crois quand même pas qu'il allait se donner à fond, dit Claire ?
- Moi non plus, mais je me suis quand même appliqué un minimum.
- Il l'a senti.
- Hein ?
- Il vient."
Effectivement, il venait.
"Tu embrasses bien, bordel.
- Merci, pas toi."
Orson embrassa Julien.
"Et là, reprit Orson ?
- Ah c'est mieux.
- Ca te dit de passer chez moi tout à l'heure ?
- Bien sur.
Orson s'en alla.
"Tu fais quoi maintenant, demanda Jeanne ?
- Je vais y aller. Mais je vais faire en sorte qu'il finisse la soirée hors de chez lui saoul comme un cochon.
- Comment tu vas t'y prendre ?
- J'ai mon idée.