Il visita Windsor. Il n'avait jamais vu autant de boutiques, de fast-foods et de salons de thé de sa vie. Il était émerveillé.
Il entra dans un salon de thé et commanda une glace à la menthe et un café.
L'endroit était bondé, si bien qu'une femme vint s'asseoir à côté de Jack, faute de place.
Elle était magnifique, et lorsqu'elle commande un thé à la menthe, il était aux anges : il n'avait jamais entendu un son aussi mélodieux que celui de la voix de la femme. Il n'osa l'aborder, ne sachant que lui dire. D'ailleurs il ne pouvait plus rien dire, la beauté de la femme le paralysait littéralement. Il ne se souciait même plus du gout de sa glace, aussi bonne était elle. Il avait oublié son café.
Il ne demanda l'addition qu'une fois la femme partie, un heure plus tard. Il se jura qu'il reviendrait dans ce salon de thé le lendemain à la même heure, espérant revoir la femme, et peut-être l'aborder.
Le lendemain, à la même heure, il s'assit à la même table. L'endroit était tout aussi bondé, mais personne ne s'assit à côté de lui, jusqu'à ce que la femme arrive.
Cette fois, l'homme avait commandé un thé à la fraise, étonné d'apprendre l'existence d'une telle boisson. (D'ailleurs, à l'heure ou j'écris cette histoire à la con, je ne sais même pas si ça existe).
Cette fois, il était décidé à l'aborder, et à ne pas oublier sa boisson, aussi jolie soit la femme.
Elle commanda un café au lait. Quand il arriva, elle sortit un paquet de cigarettes de son veston, mais pas de briquet.
Jack le remarqua, et lui proposa du feu. Elle accepta. Il était aux anges.
Il entamma la conversation :
"Depuis combien de temps fumez-vous ?
- Depuis l'âge de 16 ans, il y a donc 2 ans."
Jack se rendit compte qu'elle n'était guerre plus agée que lui. Cela l'étonna, les traits de la femme étaient murs, elle ne faisait pas son âge. Elle reprit :
"Quel est votre prénom ?
- Je m'appelle Jack. Et vous ?
- Lise.
- Et bien, Lise, puisque nous conaissons nos prénoms, je suggère que nous nous tutoyions.
- Très bien, répondit-elle en souriant."
Ses dents étaient parfaites. Jack ne manqua pas de lui faire remarquer.
Elle le qualifia de flatteur. En fait, c'était Jack qui était flatté.
"Vous venez tous les jours ici ?, demanda-t-il.
- Non, je n'habite pas Windsor. En fait je suis française.
- Tiens, moi aussi.
- Et si nous parlions français, dans ce cas, demanda-t-elle en pouffant, c'est que l'anglais n'est pas mon point fort.
- Allons, vous parlez très bien l'anglais, mais comme vous insistez... Et où habitez-vous ?
- A Paris.
- Tiens, moi aussi. C'est quand même étrange que nous nous rencontrions à Windsor et non à Paris.
- En effet, mais c'est peut-être mieux comme ça.
- Pourquoi donc ?
- Windsor a plus de charme que Paris, je trouve.
- Vu comme ça, c'est vrai que c'est mieux.
Ils discutèrent de Paris, de Windsor, et échangèrent leurs adresses.
Ils rentrèrent à Paris, dans le même bateau, le hasard avait décidément bien fait les choses.
Jack invita Lise à manger quelque chose.
"Non merci, répondit-elle. Je suis incapable de manger quelque chose sur un bateau sans qu'il finisse à la mer par la suite.
- Je vois. En est-il de même pour les boissons ?
- Non.
- Et bien que diriez-vous d'aller boire un verre ?
- J'ai une bien meilleure idée. Voyez-vous, j'ai pris une cabine, pour dormir pendant le trajet. Que diriez vous de m'y rejoindre ?"
Jack n'en revenait pas. Il accepta l'invitation.
Je vous laisse deviner ce qu'il se passa dans cette cabine, pendant le trajet. Deux jeunes dans la même chambre, allons.
A Paris, il gardèrent contact. Ils décidèrent de s'installer ensemble 10 ans après, mais à Windsor.
Bien sur, ils eurent d'autres liaisons, ils sont humains après tout, et beaux en plus. Mais le lien amoureux qu'ils avaient entretenu allait au delà des parties de jambes en l'air jouées par-ci, par-là dues à leurs jeunes âges et leur envie de chair.
Lise avait repris une cabine dans le bateau qui allait les faire traverser la Manche, allez savoir pourquoi.
Jack avait gardé la tasse à thé que sa mère lui avait offerte. Depuis qu'il avait rencontré Lise, il la considérait comme ce qui aurait pu prédire son histoire.
Lise l'avait remarqué, et rit de bon coeur en apprenant cela. Jack était ridicule, certes, mais si mignon, si sentimental.
Ils vécurent heureux, ne se maièrent pas (car à quoi ça sert le mariage si ce n'est pour avoir la consience tranquille dans le cas ou on aurait des gosses ? Allons.), n'eurent pas d'enfants car Lise était stérile. Ils vécurent en amoureux jusqu'à leur mort, sans mariage.
Ils tolérèrent que l'autre allât voir ailleurs, après tout il y a peut-être mieux, à Windsor, mais les relations qu'ils entretinrent avec les inconnus n'allèrent pas au dela du coup d'un soir, comme on dit. Il n'y avait pas mieux que l'autre.
Jolie histoire hein ? Je la trouve idiote, comment puis-je pondre une histoire d'amour qui part d'un coup de foudre et qui marche jusqu'à la mort alors que je ne pense même pas que ça soit possible dans réalité ?
Et bien je remet la faute au romantique à deux sous qui sommeille en moi.
